L’endométriose est une maladie gynécologique fréquente et pourtant méconnue des médecins et des patientes.

Véritable tabou depuis des décennies, l’endométriose commence à se faire connaître en France, notamment grâce à des célébrités qui communiquent pour faire avancer la recherche et la prise en charge des patientes.

Si aucun traitement ne permet aujourd’hui la guérison de cette maladie, un régime sans gluten en réduit fortement les douleurs. Un plus indéniable pour le confort de vie au quotidien des nombreuses femmes touchées.

 

 

L’endométriose, maladie silencieuse aux différentes formes

L’endométriose se manifeste par la migration de l’endomètre en dehors de sa localisation normale, c’est-à-dire l’utérus. Ce tissu peut coloniser les ovaires, la vessie, les intestins, le rectum voire même les poumons et provoque des lésions.

L’endométriose peut toucher toutes les femmes réglées, même les très jeunes. On estime qu’elle touche 10 à 20 % des femmes. Mais, sa prévalence pourrait être bien plus grande en raison du tabou autour de la maladie et des difficultés à poser un diagnostic (5 à 10 ans en moyenne).

Si elle reste parfois asymptomatique, l’endométriose se caractérise le plus souvent par des douleurs pelviennes récurrentes avec des pics d’intensité pendant les règles. D’ailleurs, l’endométriose est diagnostiquée chez 40 % des femmes qui souffrent de douleurs aigues durant leurs règles. En effet, les tissus endométriaux extra-utérins réagissent de la même façon que l’endomètre originel. Ils répondent aux fluctuations hormonales en déclenchant une réaction inflammatoire  au moment des règles. La lenteur du diagnostic tient souvent du fait qu’on considère les douleurs menstruelles comme normales et que les jeunes filles sont orientées très tardivement vers un gynécologiques. Selon les zones touchées par l’endométriose, certaines femmes peuvent également souffrir pendant les rapports sexuels, la miction ou la défécation.  Par ailleurs, l’endométriose peut parfois induire une infertilité, la présence d’amas de tissus constituant une barrière mécanique à la fécondation.

 

Une origine énigmatique

L’endométriose n’a pas encore livré tous ses secrets.

Elle proviendrait probablement de l’implantation de matériel utérin provenant de menstruations rétrogrades. En effet, si aucune fécondation n’a eu lieu pendant le cycle menstruel,  la couche superficielle de l'endomètre se désagrège et saigne sous forme de règles. Lors de leur évacuation, des reflux peuvent se produire avec le passage de sang et de cellules endométriales entre les trompes et les ovaires pour retomber dans le bas ventre. Ce sont ces fragments de tissus qui peuvent générer de nouveaux foyers endométriaux.

A cette hypothèse, s’ajoute aujourd’hui la piste des maladies auto-immunes ainsi que les facteurs génétiques ou environnementaux.

 

Diagnostic et traitements

L’endométriose peut être détectée par une échographie ou un IRM mais le diagnostic définitif s’appuie sur la chirurgie, avec analyse du tissu endométrial.

Aucun remède ne guérit de façon définitive la maladie. Le traitement principal reste la chirurgie. Elle permet de retirer les lésions visibles et de faire disparaître les douleurs pendant plusieurs années. Mais la localisation disséminée des lésions rend parfois la chirurgie difficile voire risquée. Pour réduire la douleur, on utilise fréquemment les anti-inflammatoires et les traitements hormonaux visant une aménorrhée. Toutefois, ces traitements agissent uniquement comme des pansements et n’empêchent pas la progression silencieuse de l’endométriose.

 

 

La suppression du gluten, un soulagement

L’inflammation est un facteur aggravant de l’endométriose. C’est pourquoi il est conseillé d’éviter les aliments connus pour stimuler un processus inflammatoire ou irriter les intestins, tels que le gluten.

Une récente étude italienne a montré qu’un régime sans gluten au long cours diminue les douleurs de l’endométriose chez 75% des femmes. Même si elle ne guérit pas la maladie, l’alimentation sans gluten apporte un soulagement quotidien. Contrairement à la chirurgie ou aux médicaments, cette piste ne présente  ni danger ni effets secondaires, reste simple à mettre en place et relativement peu coûteuse.

L’étude menée en 2012 par une équipe de chercheurs italiens portait sur 207 femmes touchées par une forme sévère d’endométriose (douleurs très importantes). A l’issue de 12 mois de régime sans gluten, les chercheurs ont évalué l’évolution de l’état de santé de leurs sujets :

  • 75% (156) des femmes avaient beaucoup moins mal qu’avant
  • 25% n’ont pas vu de différence
  • Aucune d’entre elles n’a perçu une augmentation de la douleur.
Référence : Marziali M, Venza M, Lazzaro S, Lazzaro A, Micossi C, Stolfi VM. Gluten-free diet: a new strategy for management of painful endometriosis related symptoms? Minerva Chir. 2012 Dec;67(6):499-504

 

Si la suppression du gluten soulage les douleurs liées à l’endométriose, d’autres aliments pro-inflammatoires sont à limiter :

  • Les produits laitiers 
  • Le sucre raffiné
  • Les aliments riches en acides gras saturés tels que le beurre, la viande et les charcuteries, les fromages
  • La caféine et l’alcool
  • Les crucifères et les autres aliments difficiles à digérer.

 

Une médiatisation accrue

L’endométriose fait de plus en plus parler d’elle par l’intermédiaire de célébrités qui osent témoigner. C’est le cas de l’actrice Laetitia Milot, marraine de l’association Endofrance, ou de la chanteuse Imany, ambassadrice d’Endomind.

La campagne Info endométriose a également vu récemment le jour en France pour mieux sensibiliser le public à cette maladie encore taboue.

 

 

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