Une alimentation sans gluten peut être mise en place pour diverses raisons. Si la protéine appelée gluten est directement responsable de certaines pathologies, comme l’allergie ou la maladie cœliaque, elle pourrait avoir un lien avec d’autres maladies.

 

Pathologies directement liées à la protéine gluten

On considère aujourd’hui que 10% de la population souffrirait du gluten : intolérants, allergiques et hypersensibles.

 

Maladie cœliaque

La maladie cœliaque, ou intolérance au gluten, est une maladie auto-immune. En raison d’un dérèglement du système immunitaire, des anticorps s’attaquent au gluten ainsi qu’aux propres tissus de la personne, en l’occurrence la paroi de l’intestin grêle.  

Selon l’AFDIAG (Association Française Des Intolérants Au Gluten), 1% des Français seraient intolérants au gluten et, parmi eux, seulement 20% seraient diagnostiqués. En effet, le diagnostic s’avère difficile à établir en raison de l’évolution par poussées de la maladie et de variabilité des symptômes d’une personne à l’autre. Les signes les plus classiques, peu spécifiques, sont une grande fatigue, des diarrhées ainsi qu’un amaigrissement provoquant un retard de croissance chez les enfants et adolescents.

Plus le diagnostic de la maladie est tardif, plus la consommation de gluten persistante détruit les villosités de la paroi intestinale entraînant une atrophie parfois totale. Celle-ci conduit à une malabsorption de certains nutriments et, donc l’apparition de carences :  

  • Anémie par carence en fer et en folates (vitamine B9)
  • Chute du taux sanguin de vitamine B12 et de protéines
  • Déficit en calcium, magnésium, zinc.

Plus d’informations dans l’article « Gluten et maladie cœliaque »

 

Allergie au gluten

Pathologie moins fréquente que la maladie cœliaque, l’allergie au gluten se manifeste suite à l’ingestion d’un aliment contenant du gluten, par des éruptions cutanées, un gonflement sous la peau (œdème de Quincke ou angioedème), plus rarement un choc anaphylactique (démangeaisons et détresse respiratoire pouvant entraîner la mort).

Ces réactions d’hypersensibilité apparaissent par l’intermédiaire des immunoglobulines E (IgE). Elles ne provoquent pas d’atrophie villositaire intestinale.

L’allergie au gluten serait aggravée par l'exercice physique qui facilite l'absorption intestinale de l’antigène.

 

Hypersensibilité au gluten

On qualifie d'hypersensibles au gluten des personnes que la consommation de gluten fait souffrir mais qui ne sont diagnostiquées ni cœliaques (pas d'atrophie villositaire) ni allergiques (pas de marqueurs IgE). Pourtant, le suivi d’un régime sans gluten fait disparaître les symptômes d'inconfort ressentis au quotidien :

  • Symptômes liés à la digestion -> alternance de diarrhées et constipations, ballonnements, douleurs abdominales
  • Hors sphère digestive -> fatigue, éruptions cutanées, maux de tête, crampes, etc.

 

Autres pathologies soulagées par l’arrêt du gluten

 

Fibromyalgie

La fibromyalgie, qui touche 2% des Français, se caractérise par des douleurs musculaires en différents points du corps et une extrême fatigue. Cette pathologie n’entraîne pas de complications majeures et a tendance à rester stable. Toutefois, elle complexifie les activités du quotidien, notamment professionnelles.

Reconnue depuis 1992 par l’Organisation Mondiale de la Santé, la fibromyalgie est encore mal comprise. Si les causes exactes de la maladie demeurent incertaines, plusieurs pistes se dessinent : dysfonctionnement du système nerveux, diminution du seuil de perception de la douleur, facteurs génétiques, etc. Dans de nombreux cas, la maladie se développe après un traumatisme émotionnel ou un accident.

La fibromyalgie est fréquemment associée à d’autres maux tels que les troubles occulaires, les migraines, les tremblements et notamment les troubles intestinaux. En effet, 32% des patients atteints de fibromyalgie souffrent également du syndrome du côlon irritable (ou colopathie fonctionnelle).

D’après une récente étude, une alimentation sans gluten permettrait de diminuer les symptômes de la fibromyalgie, améliorant significativement la qualité de vie des malades.

 

Arthrose

L’arthrose concerne des millions de personnes en France et peut se déclarer à partir de 30 ans. Il s’agit d’une usure anormale des cartilages et articulations provoquant déformations, raideurs et fortes douleurs. Les articulations les plus souvent touchées par l’arthrose sont le genou, la hanche, la colonne vertébrale ou encore les doigts.

Si de nombreux médicaments sont prescrits pour réduire les douleurs articulaires, il est également intéressant de se pencher sur la question du gluten. Ainsi, de plus en plus de spécialistes observent qu’une alimentation sans gluten réduit voire fait disparaître les douleurs et stoppe la progression de la maladie en quelques mois. Jacqueline Lagacé, professeur en microbiologie et immunologie, raconte sa spectaculaire expérience dans son livre « Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation ».

 

Endométriose

L’endométriose, maladie qui concerne 10 à 20% des femmes, s’exprime par des douleurs pelviennes. Celles-ci proviennent de la migration de l’endomètre depuis l’utérus jusqu’aux ovaires, vessie ou intestins. En savoir plus dans cet article.

Même s’il ne guérit pas la maladie, le régime sans gluten permettrait de réduire les douleurs liées à l’endométriose chez 75% des femmes touchées.

 

En conclusion, l’exclusion du gluten constitue le traitement de la maladie cœliaque, de l’allergie au gluten et l’hypersensibilité à cette même protéine. Par ailleurs, le régime sans gluten s’avère bénéfique pour d’autres maladies dont il atténue les douleurs : fibromyalgie, arthrose, endométriose. Sans souffrir d’une pathologie en particulier, certaines personnes évitent le gluten au quotidien afin de diversifier leur alimentation et notamment leurs apports en glucides complexes. 

 

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