Le régime de Seignalet, appelé également régime hypotoxique ou ancestral, a été élaboré en 1985 par le docteur Jean Seignalet, aujourd’hui disparu. Il exclut une grande partie des céréales modernes (dont celles qui contiennent du gluten), les produits laitiers d’origine animale et les cuissons à hautes températures. Très controversé depuis toujours, le régime de Seignalet repose sur des observations cliniques, aujourd’hui en grande partie scientifiquement vérifiées. Il connaît actuellement un regain d’intérêt, notamment auprès des personnes souffrant de maladies chroniques que la médecine traditionnelle peine à enrayer.

 

Pour qui serait bénéfique le régime de Seignalet ? Sur combien de temps ?

Ce régime s’adresse en priorité aux personnes souffrant de maladies inflammatoires chroniques. En effet, Jean Seignalet a cherché à élaborer un mode alimentaire qui soulagerait des personnes souffrant de pathologies lourdes. Après l’essai de divers traitements médicaux inefficaces, c’était pour ces patients l’approche de la « dernière chance ». Le docteur Seignalet a observé des résultats positifs pour 91 pathologies sur les 115 étudiées. Il a classé ces maladies en trois catégories en fonction de leur mécanisme d’apparition :

  • Les maladies auto-immunes telles que la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, les rhumatismes, la spondylarthrite ankylosante, etc.
  • Les pathologies « d’élimination », traductions souvent dermatologiques ou ORL de l’expulsion par le corps déchets ayant passé la barrière intestinale (grosses molécules bactériennes ou aliments insuffisamment digérés) -> asthme, eczéma et psoriasis, maladie de Crohn, bronchite et sinusite chroniques…
  • Les maladies « d’encrassage » liées à l’accumulation progressive des déchets non rejetés par l’organisme -> migraines à répétition, fibromyalgie, diabète de type 2, dépression, maladie de Parkinson… 

Le régime hypotoxique n’a pas vocation à guérir la maladie inflammatoire mais à obtenir une rémission, c’est-à-dire une disparition des symptômes et l’arrêt de la progression de la maladie. Ainsi, on observe des résultats positifs pour 91 maladies chroniques tant que le régime est suivi. Le changement des habitudes alimentaires doit être envisagé sur la durée car l’arrêt du régime entraîne le retour de la maladie.

Les maladies inflammatoires chroniques se développent chez des individus génétiquement prédisposés. Il semblerait qu’au fil du temps des facteurs environnementaux provoquent l’expression de cette prédisposition. Or, si nous ne pouvons agir sur nos gènes, nous pouvons contrôler certains éléments de notre environnement, en particulier notre alimentation.

 

En quoi consiste le régime de Seignalet ?

Le régime hypotoxique pointe du doigt quatre éléments problématiques de notre alimentation actuelle : les céréales, les produits laitiers animaux, les produits alimentaires industriels et les fortes cuissons.

 

Céréales

Le docteur Seignalet s’est toujours méfié des céréales, notamment les céréales dites « modernes » dont le génôme a muté : blé et autres céréales à gluten (seigle, orge…), avoine, maïs, millet.

 

Laitages animaux

Les laits animaux contiennent des quantités importantes de caséines, protéines hautement sensibilisantes pour l’homme. Le régime hypotoxique vise à les supprimer ainsi que leurs dérivés : beurre, crème, yaourt et desserts lactés, fromage, lait concentré ou en poudre…

 

Produits industriels

Les produits transformés sont souvent enrichis en sel, en sucre raffiné et en additifs alimentaires, ingrédients qui sont nocifs pour notre corps. Le docteur Seignalet préconise un retour à la cuisine maison à partir d’ingrédients bruts.   

 

Cuissons hautes températures

Au-delà de 120°C, la cuisson des aliments, notamment protidiques (viandes), engendre la formation de glycotoxines dont la plus connue et néfaste est l’acrylamide. Une petite partie de ces toxines est absorbée par nos cellules intestinales (environ 10%). Mais, au fil des années, les glycotoxines s’accumulent dans nos tissus car les reins ne parviennent à en expulser qu’un tiers !  A partir de 50 ans, l’efficacité de nos reins s’amenuise. L’accumulation croissante de glycotoxines provoquerait une inflammation silencieuse chez certaines personnes mais pourrait déclencher une maladie chronique chez les individus prédisposés.

 

Le régime de Seignalet en bref

 

Famille d’aliments

Aliments à éviter

Aliments à favoriser

Céréales et féculents

Blé, seigle, orge, kamut, épeautre, avoine, maïs

Riz, sarrasin, quinoa, tapioca, châtaigne, pomme de terre, légumineuses, sésame

Viandes, poissons, œufs

Viande rouge et charcuterie

Poissons, viandes blanches, oeufs

Produits laitiers

Lait animal (vache, brebis, chèvre) et ses dérivés

Boissons végétales (riz, amande, soja…)

Légumes et fruits

/

Tous

Matières grasses

Beurre, crème fraîche

Huiles vierges (extraction à froid), « crèmes » végétales

Produits sucrés

Sucre raffiné, confitures, confiseries et chocolat blanc ou au lait

Raisonnablement : sucres complets, chocolat noir cru

Boissons

Alcools, boissons sucrées

Eaux, tisanes, café et thé en quantité raisonnable

 

Conclusion

Le régime de Seignalet requiert un vrai bouleversement de nos habitudes alimentaires. Mais il peut apporter un immense soulagement aux individus affectés par des maladies inflammatoires chroniques avec une diminution voire une suppression des symptômes. De plus en plus de personnes bien portantes s’y intéressent également à titre préventif, notamment après avoir franchi la cinquantaine.

 

 

Autres articles